L’histoire du Golf de la Marterie

L'histoire a débuté lorsque Didier Chaussegros a visité le Golf de la Marterie, ou du moins ce qu’il en restait, et de là est née la volonté de reprendre ce projet et d'en devenir intendant. Découvrez l’interview exclusive.

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Quelle est la genèse du projet ?

Un ami m’a dit qu’il y avait un parcours de golf à vendre et il m’a emmené le visité. Il était dans un état pitoyable mais je me suis assis sur un banc au trou n°15 et j’ai été conquis. C’est le genre d’endroit où vous n’avez pas envie de repartir. Je suis revenue avec mon épouse car je voulais absolument qu’elle voit ce magnifique endroit. Nous avons plaqué notre vie d’avant et nous avons foncé.

Comment était géré le parcours ?

Lors reprise, il y avait deux greenkeepers qui s’occupaient de l'entretien du parcours puis l'un d’eux a dû s'arrêter. Après avoir observé, j’ai souhaité rentrer dans l’équipe. J’avais compris comment fonctionnait un golf. C’est à partir de là que je me suis vraiment mis à m’intéresser au greenkeeping. J’ai d’abord fait faire un audit sur les machines car le parc était obsolète et dangereux. Puis, après beaucoup de lecture et de tutos sur les fondements de la gestion d’un golf tels que l’arrosage, le sol, les graminées, etc., j’ai tout appris ! Quand on est passionné, on apprend vite ! J’ai également fait venir des experts.

Aviez-vous des modèles et des références sur lesquels vous appuyer ?

J’ai sympathisé avec un greenkeeper et un directeur de golfs des alentours qui ressemblait au mien, j’ai posé une multitude de questions. Cela m’a beaucoup aidé. Je suis également allé sur d’autres parcours où je vois clairement que je gênais. Les personnes étaient beaucoup moins réceptives. Au début, je me suis appuyé sur le second du greenkeeper avec qui j’ai appris beaucoup sur le métier. Enfin, j’ai eu la chance de rencontrer Nelson, c’est une « bête de travail » avec des mains en or, qui a remis seul tout le parc matériel en état.

Quelles ont été les difficultés dès votre arrivée ?

Je peux prendre le système d’arrosage comme parfait exemple. Tout ce qui a été fait à l’époque a été mal fait. Il y a par exemple des fairways qui n’ont jamais reçu une goutte d’eau. Nous avons retrouvé des arroseurs qui n’étaient même pas connectés. Nous avons sorti 250 arroseurs de terre, sans les plans qui avaient disparus. En travaillant au jugé, il y a des arroseurs répertoriés que l’on n’a jamais retrouvés et d’autres qui ne sont même pas alimentés par des câbles. J’ai dû la première année pomper de l’eau des nappes phréatiques de la Ville 24h sur 24. Mais je ne souhaite plus faire cela.

Comment gérez-vous la ressource en eau ?

Tout d’abord, cette année la météo nous a beaucoup aidé. L’eau provient des étangs par un forage. Nous avons fait un travail en amont pour faire en sorte que puisse se suffire de la récupération de l’eau colinéaire. Au niveau du système d’arrosage, je suis tout en train de refaire. Je veux remplir naturellement les étangs pendant l’hiver pour utiliser l’eau en été lors de l’arrosage du parcours. C’est là que des travaux sont nécessaires. Pour cela je vais remonter le niveau de toutes les martelières des étangs pour ne plus la gaspiller. Le but est de ramener toute l’eau vers l’étang principal.

Que pensez-vous du zéro phyto ?

Je n’ai encore pas assez de recul mais de ce que j’ai pu voir et entendre, cela va être très compliqué. Ici, j’ai un peu de fusariose et de dollar-spots mais j’essaye de mettre en place beaucoup plus d’opérations mécaniques telles que des aérations, des verticuts et des micropointes de façon régulière.

redaction.gsph24atprofieldevents.com (Lucas Sanseverino)

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