Interviewé il y a quelques mois lors de l'ouverture du Centre de Performance du Golf National, Lucas Pierré, superintendant du Golf National, revient sur les difficultés rencontrées avec son équipe lors de l'année 2020 en ce qui concerne l'entretien des différents parcours.

Il y a quelques mois, nous faisions un article sur l'ouverture du Centre de Performance du Golf National, et, Lucas Pierré, le superintendant, s'est confié sur le sujet mais également sur "l'année compliquée" qu'il a traversée en 2020 avec son équipe lors de l'entretien des différents parcours.
L'année 2020 a surtout été marquée par un "été très difficile, souligne le superintendant. Il y a eu d'importantes restrictions en eau lors de l'année la plus sèche parmi les années précédentes. Cette sécheresse a démarré à la mi-mai et nous avons eu les restrictions en juin, juillet et août. Cela a été très difficile pour nous mais nous avions bien géré les stocks, ce qui nous a permis de nous adapter".
Au niveau des opérations mécaniques, les différents confinements et le manque d'effectif ont chamboulé l'organisation du superintendant et de son équipe pour l'entretien du parcours.
"L'aération des parcours a été réalisée entre avril et mai pendant le confinement car les conditions le permettaient mais, cependant, nous l'avons réalisée en un mois au lieu d'une semaine car notre effectif a nettement été réduit. En revanche, la réouverture des parcours a été très bien gérée".
Ces changements, qu'il s'agisse du climat ou du contexte lié à la pandémie, ont également apporté quelques événements non prévus comme l'apparition de maladie ou du nouvelles espèces.
"Nous avons 59 greens au golf National. Au niveau de l'arrosage, nous utilisons l'eau des lacs du parcours et, avec les restrictions et la sécheresse, nous arrosions à la calculette... Le climat change tellement que la nature a du mal à suivre. Nous avions même des graminées estivales en provenance du sud qui se sont installées sur le parcours. Avec la chaleur, il a été difficile de faire tenir le pâturin contrairement à l'agrostis qui, quant à elle, tient bien le choc car elle aime la chaleur. Ce fut donc une année difficile pour la roule des greens qui "sautaient" beaucoup car l'agrostis était en forme alors que le pâturin, lui, ne poussait pas".
Cependant, cette année a permis à Lucas Pierré et son équipe de tester de nouveaux produits face à l'apparition de maladies.
"Nous avons essayé plus de biostimulants que d'habitude pour réduire notre utilisation de produits phytosanitaires. Cela a été concluant l'été mais plus difficile en hiver car il y a une grosse pression maladie avec la fusariose en septembre et octobre, où l'on s'est fait attaquer très fortement. De plus, nous avons été victimes d'une tempête qui nous a empêché de traiter comme nous le souhaitions et cela a été d'autant plus difficile lors du deuxième confinement".
Enfin, nous lui avons demandé quelles on été les conclusions à tirer de cette année 2020.
"Il est difficile de tirer des leçons sur cette année car elle a été très particulière. Nous avons eu du mal à faire du zéro phyto car, malgré les fermetures du parcours, nous avions tout de même les sportifs de haut niveau qui venaient s'entraîner. Pour revenir sur le zéro phyto, il est possible de le réaliser en saison mais c'est très compliqué en hors saison car, avec le changement climatique, de nouvelles graminées apparaissent alors que nous n'avions pas semé de graines comme par exemple celle de l'agrostis. L'apparition du dollar-spot et sa propagation sur certains greens du parcours a également été l'un de nos principaux combats. Nous avions un peu moins traité que d'habitude mais cette saison particulière nous a faite changer certaines de nos décisions. Nous avons fait plus que ce qui était prévu en termes d'opérations mécaniques tel que le passage du Verti-Drain sur les fairway lors du deuxième confinement. Pour faire un bilan, dans l'ensemble , nous avons été satisfaits mais cela nous a tout de même pas permis de résoudre certains de nos problèmes".
redaction.gsph24
profieldevents.com (Lucas Sanseverino)

